BOISmag n°191

A partir de 12,00

Effacer

Sommaire

NEWS
L’actualité de la filière, de la construction, du négoce, des équipementiers…

AGENDA
Événements

NOMINATIONS ET PUBLICATIONS CONSTRUCTION
Vogue l’Espérance III

ÉQUIPEMENT
Biesse confiant dans le marché

FILIÈRE
Le Forum Bois Construction crée l’événement

SCIERIE

La FNB mobilisée pour la forêt française

ENQUÊTE
Le bardage bois face à ses défis
L’exigence de multispécialité
Relever le défi de la nouvelle réglementation incendie
Une offre de bardages bois très diversifiée

 

CE NUMÉRO CONTIENT :

publi-reportage BeA Arctec
1 cahier central détachable Lemahieu

Edito

COVID-19
UNE ODEUR DE TCHERNOBYL

Chers lecteurs, j’avais prévu un édito « bois », mais l’actualité exceptionnelle que nous vivons occulte les thèmes professionnels. Et je n’ai pu m’empêcher d’avoir cette réflexion…

Il y a à peine plus d’un mois, confortablement installé, je visionnais la série Tchernobyl. Peut-être l’avez-vous vue, vous aussi.

Selon Gorbatchev, cette catastrophe est à l’origine de l’effondrement de l’URSS. Obstination de la production de la part des ingénieurs chefs, techniciens sous-qualifiés, perte d’un temps précieux, manque de matériel et équipements défectueux par souci d’économie, insouciance de la population, manque de considération de la vie des autres par certains politiques, incompétence de leaders trop occupés… La liste des erreurs accumulées est infiniment longue.
Je ne croyais vraiment pas vivre la même chose à travers cette épidémie. Tout ce que l’on peut reprocher aux Sovietiques, on peut également le reprocher aujourd’hui à nos dirigeants. Les politiques de Paris ou de Bruxelles ont multiplié les normes de sécurité, depuis la taille des particules de bois jusqu’aux critères antipollution, en passant par la fabrication des fromages et le fameux gilet jaune dans le véhicule… La liste est sans fin. À l’heure où notre pays dépense des millions d’euros pour faire la guerre à l’autre bout du monde, il nous semblait acquis qu’en cas de guerre bactériologique, nos politiques avaient tout prévu pour nous protéger. Il n’en est pourtant rien et nos dirigeants sont pris au dépourvu.
Avec des masques et du désinfectant en quantités suffisantes, il aurait suffi d’isoler les plus faibles sans trop impacter l’activité du pays. Mais la France est à l’arrêt. Il n’y a pas encore de pénurie, mais demain, qu’en sera-t-il ? Devrons-nous sortir de nos trous, un chiffon sur la figure et la peur au ventre ?
Déjà, certains ministres, effrayés par la crise économique inéluctable, exhortent à la reprise du travail dans les entreprises du bâtiment, les négoces et tout ce qui leur semble stratégique. Mais si nos salariés tombent comme des mouches, nous aurons la conscience lourde… et, de toute façon, plus d’entreprises.
Si nous sommes en guerre, il nous faut une industrie de guerre. Il y a quatre-vingts ans, les fabricants de voitures se sont mis aux chars et ceux de casseroles aux obus. Aujourd’hui, il faut fabriquer des masques en masse. Nous sommes 70 millions, il nous faut 200 millions de masques FFP2 par jour !
Quelles seraient les industries capables de participer à l’effort de guerre aujourd’hui ? Ne peut-on convertir des ateliers pour les produire ?
Si les entreprises doivent reprendre le travail, c’est uniquement pour les urgences absolues, comme la construction d’hôpitaux de campagne. Les Chinois nous en ont fait la démonstration. Si les projets en cours peuvent attendre, qu’en est-il des initiatives solidaires ? Les bonnes volontés se multiplient, des agenceurs ressuscitent le bon vieil Hygiaphone… La filière bois construction peut certainement aider, les scieurs, les producteurs de palettes et tous les industriels de la filière ne demandent qu’à participer à l’effort. Mais seulement en toute sécurité pour leurs salariés.

 

Yves Samama

Type de support

Numérique (pdf), Papier et numérique (pdf)

Zone d'expédition

CEE / Suisse / Dom-tom, France Métropolitaine, Reste du monde