BOISmag n°184

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un publi-reportage IMA France (p. 32-33)

Edito

LE BOIS AU SECOURS DE NOTRE-DAME

Notre-Dame-de-Paris a brûlé. Le 15 avril, un incendie aussi spectaculaire qu’inattendu s’est déclaré dans la charpente de ce monument emblématique de la capitale. Imprudence ? Malchance ? Après plusieurs heures passées à contenir les flammes, le bilan matériel est lourd : la flèche, intégralement détruite, s’est effondrée. Tout comme les toitures et les charpentes en chêne situées au-dessus de la nef. La presse en a déjà beaucoup parlé. Très vite, les dons ont afflué de partout pour reconstruire la cathédrale. Une reconstruction que tout le monde souhaite rapide, tout comme le président de la République, Emmanuel Macron, qui prêche pour un délai de cinq ans avec, en ligne de mire, un bâtiment flambant neuf pour les J.O. de 2024 ! Une reconstruction que la moitié des Français, attachés à leurs monuments et à l’image de Paris, souhaitent à l’identique. Pas question, selon eux, de défigurer Notre-Dame avec une toiture végétalisée, une flèche de verre ou d’autres élucubrations architecturales. Des fondamentaux semblent se dégager et l’aspect visuel extérieur doit rester celui de la cathédrale gothique d’origine, avec les mêmes matériaux : la pierre, le plomb, le bois… La filière, à travers les messages de la FNB et France Bois Forêt, est d’ailleurs prête à fournir le chêne nécessaire pour rebâtir la charpente. La reconstruction de Notre-Dame sera un pari ambitieux à relever pour les professionnels du bâtiment. Des professionnels qui bénéficient d’une enveloppe plus que confortable pour mener à bien les travaux, qui pourront compter sur des matériaux, des process et des technologies modernes pour redonner vie à un édifice du XIIe siècle avec des moyens du XXIe siècle, mais qui, en contrepartie, devront respecter un calendrier serré et s’adapter à un contexte urbain dense et ultra-fréquenté. Cette réédification sera surtout un pari à saisir pour les professionnels de la filière bois, qui disposent d’atouts certains pour ce chantier colossal au coeur de Paris.

Si, lors de la réalisation de la charpente originelle, le meilleur de la technologie de l’époque a certainement été utilisé, on mettait alors probablement en oeuvre des bois frais de sciage, non séchés, et sans plans d’exécution précis. Cela n’est évidemment plus le cas aujourd’hui. Bien loin des pannes et chevrons historiques dont les propriétés physiques et chimiques ont été largement altérées avec le temps, les charpentiers travaillent désormais avec des produits modernes, à l’hygrométrie maîtrisée. Des produits qui sont entrés dans l’ère du bois d’ingénierie avec des bois transformés et façonnés pour s’adapter à toutes les typologies de chantiers. Alors, pourquoi ne pas remplacer les traditionnelles poutres en chêne par des poutres en lamellé-collé ? Pourquoi ne pas mettre en oeuvre des procédés innovants tels que des poutres en bois renforcées par des fibres de carbone (voir étude FCBA) pour optimiser encore la légèreté et la solidité de la structure ? Pourquoi ne pas mettre en avant tout le savoir-faire technique et technologique dont dispose notre filière ? Certains prônent une reconstruction dans les règles de l’art. Mais une partie du savoir-faire s’est perdue, nous manquons de professionnels qui maîtrisent ces techniques aujourd’hui disparues. D’ailleurs, former une nouvelle génération d’artisans à ces pratiques ancestrales prendra du temps et coûtera de l’argent. Et que fera-t-elle après ? Nous disposons de la ressource, des entreprises et de moyens modernes et opérationnels. Si la reconstruction doit être faite au plus vite, les professionnels de la filière bois peuvent d’ores et déjà répondre présents et s’y atteler rapidement, grâce notamment à la préfabrication et à la construction hors site, qui permettront de réduire au minimum les nuisances sur l’île de la Cité. Et si on se donnait rendez-vous dans cinq ans… pour voir si le pari du bois a été tenu ?

Adèle Cazier

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