BOISmag n°173

12,00

Sommaire

FOCUS

  • L’ameublement se porte nettement mieux

 

NEWS

  • Aménagement : Egger : 120 millions pour la France
  • Construction Investissements pour Isover
  • Forêt Rougier autorisé à se recentrer

 

NÉGOCE

  • Gedimat-Gedibois fête un double anniversaire

 

COMMERCE

  • Dans le coeur de l’importation européenne de sciage

 

ÉQUIPEMENT

  • Que la croissance soit louée !

 

FILIÈRE

  • Les Compagnons du Devoir au service du bois

 

SALON

  • Le Forum Bois Construction voit plus haut, plus loin

 

CONSTRUCTION

  • À Marseille, le CLT prendre de la hauteur
  • Strasbourg relève le défi…

 

ENQUÊTE

  • Les terrasses bois à l’ère de la maturité
  • Les aménagements extérieurs ont le vent en poupe

Edito

Suspects-nés

Le 20 mars dernier, un grand quotidien du matin titrait un article mis en ligne de la manière suivante : « La France épinglée pour l’importation de bois illégal en provenance d’Amazonie ». Quelle hyperbole ! Pour ne pas dire quel amalgame, dans ce titre qui rend la France toute entière responsable des agissements présumés de quelques entreprises épinglées hâtivement dans un rapport récemment publié par l’organisation Greenpeace, se basant sur un échantillon nonreprésentatif de six petites exploitations forestières au Brésil, et dont l’article rend compte. Le fil directeur du papier est dans la même veine. Sa logique est, pour le moins, suspecte : « Les Importateurs français achètent de l’Ipé, un bois cher. Cela donne les moyens aux scieurs brésiliens de Corrompre les fonctionnaires forestiers, corrompus par nature puisque ce sont des Brésiliens. » Le journaliste explique ainsi que Greenpeace demande la sanction des importateurs par défaut, devant l’impossibilité de jouer sur place à Sherlock Holmes et de vérifier la légalité de ce qui est cependant estampillé comme légal dans le cadre de la RBUE. Car, toujours selon Greenpeace, il faudrait se méfier de la RBUE et de sa mise en application, trop laxiste à son goût… Or, il est bien triste de voir ce grand quotidien donner tant de crédit à une Greenpeace qui, dans son attitude inquisitoriale, n’est pas sans nous rappeler un certain Torquemada. Mais pourquoi prendre parti alors que l’on peut faire un article en connaissance de cause ? Dans quelques jours sort le rapport de l’Aimex, l’association des exportateurs de l’état du Para au Brésil, et nous en saurons plus sur les coupes légales et illégales. BOISmag, à la différence de son célèbre confrère, fera en sorte d’obtenir des informations de chacune des parties. Il n’est pas facile, quoi qu’il en soit, d’être un importateur de bois, coupable d’office dans certains milieux mal informés. Les déboires de Rougier en Afrique montrent les difficultés d’être un producteur qui lutte pour mettre en place une certification. Le mois dernier, j’insistais par ailleurs sur la difficulté d’être un scieur de chêne en France quand les grumes partent à l’export sans limitations. Pendant ce temps, des industriels chinois acquièrent des centaines de milliers d’hectares de forêts en Afrique et ont carte blanche. Greenpeace sera-t-elle aussi active auprès des consommateurs chinois ?

Yves Samama